Mes chers lecteurs,                                  Il fut un temps où aimer devait être quelque chose de simple. Deux personnes, deux cœurs, deux rêves qui se rencontrent pour construire un bonheur. Mais en Haïti, même l’amour semble avoir appris à souffrir avant de vivre.

Sous ce ciel lourd de misère, de violence et d’incertitude, les histoires d’amour ne finissent plus comme dans les livres. Elles commencent avec de l’espoir, puis se noient lentement dans les problèmes d’un pays fatigué. Ici, les cœurs tombent amoureux, mais la réalité les réveille brutalement.

Dans ce pays où chacun cherche la personne idéale, beaucoup finissent surtout par trouver la peur, les blessures et les déceptions. Certains couples se détruisent à petit feu sous le poids de la pauvreté. D’autres abandonnent l’idée même d’aimer, préférant rester seuls dans un coin, silencieux, comme si la solitude faisait moins mal que les promesses brisées.

Les problèmes sont partout. Même dans l’amour, l’économie prend toute la place. Aujourd’hui, aimer ne suffit plus. Il faut pouvoir survivre.

Imaginez, mes chers lecteurs, une jeune fille de 18 ou 19 ans, à peine entrée à l’université. Dans ses yeux, il y avait peut-être autrefois des rêves, des ambitions, une envie de changer sa vie. Pourtant, un jour, elle nous dit calmement qu’elle n’est plus sous la responsabilité de ses parents.

Et bien mes chers lecteurs,  une question nous frappe en plein cœur : Sous la responsabilité de qui ?

Le silence répond souvent à cette question. Et dans les rues, dans les quartiers, les gens murmurent doucement :« Sou kont gason yo ye »

Comme si toute une génération avait été forcée de grandir trop vite. Comme si certaines jeunes filles avaient dû échanger leurs rêves contre une simple chance de survivre. Derrière les sourires publiés sur les réseaux sociaux, combien cachent leurs fatigues, leurs humiliations et leurs sacrifices silencieux ?

En Haïti, même les sentiments semblent devenir une affaire de nécessité. On aime parfois pour ne pas mourir seul. On reste parfois par peur de manquer. On sourit parfois pour cacher les larmes que personne ne veut voir.                                                      Et le plus triste dans tout cela, c’est que personne n’est réellement innocent. Dans cette société blessée, nous finissons tous par devenir les méchants de quelqu’un et oui, les méchants de quelqu'un d'autre.          Les hommes blessent parce qu’ils ont été blessés. Les femmes deviennent méfiantes parce qu’on leur a appris à ne plus croire aux promesses. Les cœurs se ferment lentement, jusqu’à oublier comment aimer sincèrement.

 

Haïti est devenue cette terre étrange où même les histoires d’amour portent le goût de la tristesse. Une terre où les couples rêvent ensemble le soir, mais se réveillent chaque matin face à une réalité qui détruit tout.                        Pourtant, malgré les douleurs, malgré les trahisons et malgré ce ciel tourmenté, il reste encore quelques cœurs qui continuent d’aimer sincèrement. Peut-être parce qu’au fond, l’amour est la dernière chose qui nous rappelle encore que nous sommes humains.

 

 

 

Wilmington BELLUNE Haïti17 ✍️ 

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