Et bien mes chers lecteurs, Il faut oser le dire, même si cela dérange : en Haïti, nous vivons dans une société où une jeune fille de 18 ans est déjà traitée comme une femme tandis qu’un homme de 25 ans est encore perçu comme un enfant.

Oui, un enfant.

"Yon gason k ap chèche lavi”, à qui l’on accorde du temps, des excuses, et même une certaine indulgence face à son immaturité. Pendant ce temps, la jeune fille, elle, n’a pas ce luxe. À 18 ou 19 ans, elle est déjà plongée dans les réalités du monde adulte, jugée sur sa capacité à “se placer”, à survivre, à faire des choix rapides et parfois irréversibles.

Ce déséquilibre n’est pas une simple impression. Il se lit dans nos rues, dans nos quartiers, dans nos conversations. Et surtout, il se reflète dans une réalité de plus en plus visible : la multiplication des relations entre des jeunes femmes et des hommes de 40, parfois 45 ans.

Certains appellent cela de l’amour. D’autres parlent d’opportunité. Mais soyons honnêtes : dans bien des cas, il s’agit d’un arrangement déséquilibré, construit sur des bases économiques et sociales fragiles.

Car derrière ces relations, il y a une vérité brutale : la pauvreté accélère la maturité des filles et ralentit celle des garçons.

La jeune fille comprend très tôt que son corps, son image, sa jeunesse peuvent devenir des ressources dans une société qui lui offre peu d’alternatives. L’homme mûr, lui, dispose d’un avantage clair : stabilité financière relative, expérience, pouvoir de séduction lié à sa position. Le terrain est donc déjà inégal avant même que la relation ne commence.

Et les jeunes hommes dans tout ça ?

Ils sont nombreux à être laissés pour compte, coincés entre chômage, désillusion et absence de perspectives. À 25 ans, beaucoup n’ont ni emploi stable, ni projet clair, ni reconnaissance sociale. Alors la société les infantilise, et ils finissent parfois par s’y installer.

Mais faut-il accepter cette réalité comme une fatalité ?

Je ne crois pas,                                      Car ce système produit plus qu’un simple décalage : il entretient un cycle dangereux. Il normalise des relations où le pouvoir est déséquilibré, où le choix est parfois contraint, où l’avenir des jeunes femmes peut être compromis avant même d’avoir commencé.

Il est temps de poser les vraies questions.

Pourquoi une jeune fille doit-elle “devenir femme” si tôt ?                    Pourquoi un jeune homme peut-il rester “enfant” si longtemps ?                Et surtout, à qui profite ce déséquilibre?

 Je peux me tromper. Mais là où je vis, à Delmas, cette réalité n'est pas une exception , elle semble devenir une tendance préoccupante. Le phénomène des « men madan papa » révèle, selon moi, une certaine fragilité et un profond déséquilibre au sein de notre société. Il n'est pas rare de voir de jeunes hommes âgés de 20 à 25 ans se tourner vers des adolescentes de 15, 16 ou 18 ans, souvent en accordant davantage d'importance à leur apparence physique qu'à leur maturité ou à leur développement personnel. Cette situation soulève des questions sur nos valeurs, l'éducation affective des jeunes et la manière dont nous concevons les relations humaines.

C'est pour vous dire mes chers lecteurs, Lorsqu'une société banalise ces réalités ou refuse d'en débattre avec lucidité, elle risque de renforcer des rapports inégaux et de fragiliser davantage sa jeunesse. Derrière ces comportements se cachent parfois des difficultés économiques, un manque de repères, l'absence de modèles positifs et une crise plus large des valeurs sociales. Une société qui ferme les yeux sur ses déséquilibres prépare elle-même les crises de demain, car les problèmes ignorés aujourd'hui deviennent souvent les défis les plus lourds à porter pour les générations futures.

Est-ce que j'ai raison à vous de me dire dans un commentaire: wilmingtonb21@gmail.com

Wilmington BELLUNE, Haïti17