Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) met en avant une vision résolument optimiste de la jeunesse haïtienne. Selon Xavier Michon, 35 % des entreprises en Haïti seraient aujourd’hui dirigées par des entrepreneurs de moins de 35 ans, illustrant un dynamisme entrepreneurial important, souvent né dans des conditions difficiles.
Le pays affiche également un taux de pénétration mobile estimé à 83 %, un facteur clé qui favorise l’émergence de solutions numériques, notamment dans la fintech et l’éducation en ligne. Pour le PNUD, cette réalité confirme l’émergence d’une économie parallèle innovante, portée par les jeunes.
Une jeunesse résiliente et innovante
Le rapport insiste sur une idée centrale : la jeunesse haïtienne n’est pas un problème à contrôler, mais une ressource stratégique. Elle serait marquée par la résilience, la créativité et une capacité d’adaptation développée dans un contexte de contraintes économiques et sociales.
Xavier Michon évoque également plusieurs exemples d’entreprises locales ayant réussi à s’imposer, preuve que l’entrepreneuriat jeune dépasse la logique de survie.
Dividende démographique et opportunité économique
Le document souligne l’importance du dividende démographique : avec environ 5 millions de jeunes âgés de 15 à 39 ans, Haïti dispose d’un potentiel humain majeur. Le PNUD estime qu’une meilleure intégration de cette jeunesse dans le marché du travail pourrait générer une croissance économique significative.
Des exemples internationaux comme la Corée du Sud ou le Rwanda sont cités comme modèles d’investissement réussi dans la jeunesse.
Les inégalités et défis structurels
Malgré ce potentiel, le rapport met en évidence de fortes inégalités, notamment entre hommes et femmes. Dans la tranche des 20 à 24 ans, moins de 30 % des jeunes femmes ont un emploi, contre environ 50 % chez les hommes.
Le PNUD recommande des mesures ciblées : fonds de garantie pour les femmes entrepreneures, incubateurs dédiés, formations STEM, et renforcement de l’accès au crédit et aux opportunités économiques.
Éducation et transformation du marché du travail
Le rapport alerte également sur la crise du système éducatif, fragilisé par la violence et le manque d’infrastructures. L’offre publique d’éducation reste limitée et l’enseignement supérieur confronté à une fuite massive des talents.
Dans ce contexte, le PNUD met en avant trois pistes d’avenir :
- les certifications numériques en ligne (Coursera, Google Career, etc.)
- les services numériques exportables (call centers, services à distance)
- le travail indépendant via des plateformes comme Upwork ou Fiverr
Selon le rapport, ces secteurs pourraient créer des milliers d’emplois dans les prochaines années.
Enfin, le PNUD insiste sur la nécessité d’une collaboration entre l’État, le secteur privé et les partenaires techniques pour aligner la formation aux besoins du marché et favoriser l’insertion des jeunes.
C.P: SALON DES POSITIFS

