En Haïti, la confusion ne relève plus du dysfonctionnement, mais s'érige désormais en véritable stratégie de gouvernance. Ce que l’on donne à voir comme des conflits au sommet de l’État n'est en réalité qu'une mise en scène théâtrale — un simulacre orchestré pour détourner la conscience publique des urgences vitales de la société et pérenniser un pouvoir sans fin.
Le bras de fer apparent entre la Primature et le Conseil Électoral Provisoire (CEP) en est l’illustration parfaite. Cette institution électorale, bien que née de tractations politiques interclans, feint de vouloir restaurer l'ordre démocratique. En vérité, ses acteurs n’ont aucun intérêt objectif à la stabilité des institutions, car l'ordre menacerait leurs privilèges.
De son côté, la Primature simule une divergence de vues avec le CEP, alors qu'une complicité tacite lie les deux entités : celle de cohabiter au sein d'une irrégularité constitutionnelle qui leur est profitable.
Dès lors, une vérité s'impose : ni l’Exécutif ni le CEP ne désirent le retour aux urnes.
Pourquoi consentiraient-ils à restaurer la normalité institutionnelle et la transparence républicaine, alors que l'anomie actuelle constitue le cadre idéal de leur enrichissement illicite ?
Bleck D. Desroses / 8 juin 2026

