Partir d'Haïti n'est pas toujours un rêve. Pour beaucoup, c'est une déchirure. Derrière chaque départ se cache souvent une histoire de sacrifices, de peur, d'incertitudes et parfois même de survie. On quitte une terre que l'on aime non pas parce qu'elle ne vaut plus rien, mais parce que ceux qui la dirigent depuis des décennies n'ont pas su lui offrir la stabilité, la sécurité et les opportunités qu'elle mérite.

Pourtant, malgré les kilomètres, malgré les années passées à l'étranger, Haïti continue de vivre dans le cœur de ses enfants. Aucun passeport, aucune nationalité étrangère, aucun succès professionnel ne peut effacer les souvenirs d'une enfance passée dans les rues d'un quartier, les repas partagés en famille, les éclats de rire, les blagues dans la rue, entre voisins ou les fêtes qui réunissaient toute une communauté.

La nostalgie est une douleur silencieuse. Elle surgit dans les moments les plus inattendus ,  lorsqu'on entend une chanson créole, lorsqu'on aperçoit le bleu et le rouge du drapeau ou lorsqu'on pense aux êtres chers laissés derrière soi. Elle rappelle constamment qu'une partie de nous est restée là-bas.

Le plus douloureux est sans doute de savoir que beaucoup de ceux qui ont quitté le pays rêvent encore d'y retourner un jour, mais que les crises sociales, l'insécurité grandissante et l'effondrement des institutions rendent ce retour presque impossible. Ce n'est pas Haïti qui repousse ses enfants. Ce sont les conséquences de décennies de mauvaise gouvernance, d'irresponsabilité politique, de corruption et d'absence de vision pour l'avenir.

Pendant que des millions d'Haïtiens à travers le monde travaillent, étudient et se battent pour construire une vie meilleure, leur pays natal semble prisonnier des mêmes problèmes. Beaucoup regardent avec tristesse cette terre qui aurait pu être prospère, mais qui continue de s'enfoncer dans les crises

Pour bien dire, la nostalgie d'Haïti n'est pas seulement un souvenir douloureux, c'est une blessure ouverte qui saigne au rythme des nouvelles venant du pays. Beaucoup de nos compatriotes regardent leur terre natale de loin, avec les larmes aux yeux et le cœur brisé, incapables de reconnaître le pays qu'ils ont quitté. Ils rêvent de revoir leur quartier, d'embrasser leurs proches, de marcher à nouveau sur cette terre qui les a vus naître. Mais l'insécurité, la peur et les crises sans fin transforment ce rêve en souffrance.

Le plus triste n'est pas d'avoir quitté Haïti. Le plus triste est de ne plus savoir quand il sera possible d'y revenir. Et chaque fois qu'un Haïtien verse une larme en pensant à son pays, ce n'est pas seulement la nostalgie qui parle, c'est aussi la douleur de voir une nation abandonnée à son sort. Pourtant, malgré les blessures, malgré les déceptions et malgré les années d'exil, Haïti reste cette mère que ses enfants n'ont jamais cessé d'aimer, même lorsqu'elle leur manque au point de les faire pleurer en silence.

Wilmington BELLUNE Haïti17 ✍️ 

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