À grand renfort de discours, le mois suivant, le CPT s’est félicité d’avoir « repris » ces zones périphériques, appelant les déplacés à rentrer chez eux. Certains, à bout de souffle, ont pris le risque d’y revenir. D’autres, plus sceptiques, continuent de suivre la situation.
Les familles revenues ont fait le constat amer que ces quartiers n’ont pas été libérés pour être habités, mais pour sombrer dans la misère, la peur et le désespoir. Un ennemi plus redoutable que les bandes criminelles. Une épreuve plus tragique que les armes des terroristes.
Elles sont abandonnées par le gouvernement en place. Elles sont oubliées par le Premier ministre Fils-Aimé, davantage préoccupé à conserver le pouvoir le plus longtemps possible afin de satisfaire les appétits démesurés de sa clique politique.
Dans ces quartiers soi-disant repris par la PNH : pas d’électricité, pas d’eau potable, pas d’écoles, pas de centres de santé. Rien. Sinon des ruines, des maisons éventrées et une population livrée à elle-même. Le désespoir est visible sur le visage des enfants privés de salle de classe, des femmes rongées par la misère, des jeunes sans avenir, des hommes sans humanité.
L’État, censé garantir le minimum vital, est totalement absent, sinon dans les médias où il fanfaronne sur des exploits imaginaires.
Les résidents qui osent y retourner — sans sécurité, sans services publics — sont condamnés à une angoisse permanente, abandonnés à eux-mêmes, sans présence policière ni soutien institutionnel.
Le plus troublant encore est le silence des organisations de défense des droits humains. Là où l’urgence est criante, la parole se fait rare. Comme si la disparition des armes suffisait à faire disparaître la souffrance.
Aujourd’hui, Nazon et Solino offrent le visage d’une capitale meurtrie par la guerre, d’une nation déchirée, d’un gouvernement irresponsable, d’une élite en lambeaux, d’une classe politique complice de la déchéance nationale, d’un peuple abandonné et d’une jeunesse sans espoir .
Bleck D. Desroses/ 4 mai 2026

