« Il faut évoluer avec le temps » : Le choix du virtuel défendu
Loin d'être ébranlée par la virulence des commentaires, Anedie Azael se dit blindée : « Les critiques, j’y suis habituée. C’est chaque année que l’organisation fait face à cette vague, et cela nous aide plutôt à avancer », confie-t-elle philosophiquement.
Pour défendre le choix inédit d'une finale sur Zoom, la responsable s'appuie sur une réalité pragmatique et chiffrée. « Il faut évoluer avec le temps », argue-t-elle, avant de comparer l'audience virtuelle aux réalités du terrain en Haïti. Selon ses déclarations, plus de 500 personnes étaient connectées en direct sur le lien Zoom pour assister au couronnement. Une affluence numérique qui dépasse, selon elle, le public physique des dernières éditions en présentiel, où l'organisation peinait parfois à vendre l'équivalent de quelques cartes d'invitation.
Un marathon de 3 semaines sous l'ultimatum de Miss World International
Derrière ce format inhabituel se cache une course contre la montre dictée par les instances internationales. L'organisation de Miss World avait fixé un ultimatum strict aux franchises nationales : sélectionner la représentante d'Haïti avant le 7 juin.
Pour relever le défi, le comité n'a disposé que de trois semaines au total pour concevoir, lancer et finaliser l’événement. Un calendrier marathon qui s'est articulé autour d'une semaine intensive de casting, suivie de seulement dix jours pour orchestrer le lancement officiel et la grande finale. « Nous n’avons pas eu assez de temps », admet la directrice nationale.
Pour cette édition spéciale, moins de 20 jeunes femmes ont postulé, débouchant sur une sélection finale de 11 candidates. Anedie Azael se félicite néanmoins de la représentativité de cette cuvée : « Nous avons une grande diversité. Trois des postulantes sont issues de la diaspora », souligne-t-elle.
L'absence cruelle de sponsors : « Personne ne veut prendre la relève »
Le grand public réclame du strass et des paillettes, mais la réalité économique des concours de beauté en Haïti est beaucoup plus sombre. Anedie Azael a confié à Haïti 17 qu'elle gère la franchise sans aucun sponsor ni appui financier. L'absence d'aides étatiques ou privées rend impossible l'organisation d'une cérémonie somptueuse en présentiel.
« Nous avons fait ce qu’on pouvait avec ce qu’on a. C’est avec passion que je le fais. Jusqu’à présent, personne d’autre ne veut prendre la relève… » déclare la présentatrice de Glamour à Haïti 17.
Direction le Vietnam pour la nouvelle reine Marie Kemlyne Félix
Malgré ce contexte de crise, le verdict est tombé et la couronne a été décernée. C'est la jeune Marie Kemlyne Félix qui a été élue Miss World Haïti 2026. L'urgence était également logistique et administrative pour la nouvelle ambassadrice de la beauté haïtienne, qui doit s'envoler dès le mois d'août pour représenter le drapeau bicolore. La 73ème édition du concours mondial Miss World se déroulera cette année au Vietnam, avec un agenda officiel et des activités programmées du 9 août au 5 septembre 2026. « On voulait une miss rapidement », insiste Anedie Azael.
Malgré les vagues et le mécontentement d'une partie des internautes, la franchise avance avec les moyens du bord pour maintenir Haïti sur la scène culturelle internationale. Quant à l'avenir du concours dans le pays, la directrice conclut sur une note ouverte et mystérieuse : « On verra ce que le futur nous réserve. »
Par Joassaint GELIN
La Rédaction de Haïti 17 - Liberté - Équité - Exclusivité

