L’insécurité a atteint un seuil de non-retour. À Cité Soleil, l’hôpital MSF n’est plus seulement un lieu de soins, mais un dernier rempart pour la survie. Environ 40 personnes, dont des employés et leurs familles, y ont trouvé refuge, n'ayant nulle part d'autre où aller pour échapper aux tirs.

Des chiffres qui font froid dans le dos

Le bilan de ces derniers jours témoigne de la violence extrême des combats :

  • Afflux massif : Les services d'urgence ont traité 5 fois plus de blessés par balle que d'habitude en seulement 48 heures.
  • Désertion forcée : Le lundi 20 avril, seulement 12 patients ont pu atteindre les consultations, contre 150 en temps normal.
  • Paralysie des soins : Les services pour les victimes de violences sexuelles et les consultations externes ont dû être partiellement fermés pour protéger le personnel.

Mourir de peur plutôt que de sortir

Le drame est aussi invisible : de nombreux blessés gravement atteints préfèrent rester chez eux, au péril de leur vie, plutôt que de risquer de traverser les lignes de front. La peur des contrôles armés et des arrestations arbitraires bloque même les transferts chirurgicaux urgents vers d'autres centres.

L’appel au respect de la mission médicale

Face à ce chaos, MSF rappelle une règle humanitaire fondamentale : la santé ne doit pas être une cible. « Les malades et les blessés doivent pouvoir circuler librement et en sécurité. »

L'organisation appelle tous les acteurs armés à respecter et protéger les structures médicales, les ambulances et le personnel de santé qui restent, pour beaucoup, l'unique espoir de survie dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

 

CP: MSF